La jeune femme norvégienne Maren Loftsgard n’est que sourire et joie de vivre et elle parle avec autant d’enthousiasme de ses jumelles Vilja et Guro de 6 ans, que de ses chiens huskies avec lesquels elle ne rate pas une course à enjeux. S’aligner à La Grande Odyssée Royal Canin, elle en a rêvé plusieurs années avant d’accompagner son père Hans Lindahl, vainqueur en 2024 et troisième en 2023 en tant qu’handleuse.
Le mushing est donc une histoire de famille, même si sa sœur et son frère « sont des citadins » dit-elle avec un sourire ironique. Et sa mère qui aimerait de temps en temps échapper aux belles étendues blanches de l’hiver norvégien pour un rayon de soleil méditerranéen, presse, depuis quelques années, son mari de renoncer à son sport favori. « Elle n’est pas passionnée par les chiens comme Maren et moi » regrette Hans qui a fini par vendre sa meute. « Je ne pouvais pas les donner à Maren car elle a un attelage de huskies pour la longue distance et moi de mid distance » explique cet entrepreneur en bâtiment. Deux de ses chiens ont trouvé place dans la meute d’Elsa Borgey, autre grande musheuse, française, qui a terminé deuxième de l’édition 2025 et s’entraîne en Norvège.
En écoutant Maren parler mushing, entraînement, longues tirées à traineau et courses hivernales, on se dit qu’elle pourrait être l’arrière-petite-fille du grand explorateur norvégien Roald Admunsen tellement elle donne le sentiment d’avoir le mushing dans le sang. Et pour que la tradition familiale perdure, elle a mis ses jumelles sur un petit traîneau dès l’âge de 3 ans. Aujourd’hui, les deux enfants vont rejoindre leur bus pour l’école tous les matins avec leur mini attelage.
Côté palmarès, la jeune femme qui dès la première étape de l’épreuve alpine, arbore le maillot « Best dog care » donné par l’équipe véto, a fait ses classes sur la Finmarkslopet. Cette course mythique de Scandinavie, est la plus longue d’Europe, avec ses 1200 km depuis et autour d’Alta, au nord du pays. C’était en 2019, elle était dans la catégorie 600 km et à l’époque elle avait fait fi de son état. « J’étais enceinte de trois mois, mais je n’avais rien dit à mon médecin » se souvient-elle en souriant. « J’ai eu raison de la faire, j’ai terminé quatrième » lance-t-elle dans un éclat de rire. Cette année, en guise d’entraînement pour la Grande Odyssée-Royal Canin, elle a gagné la Femundlopet, dans la catégorie 200 km. Sa participation à la 22e édition de la plus grande course de chiens de traineaux d’Europe, à travers les Alpes relève le niveau déjà très élevé des concurrents de la classe chiens nordiques aux côtés de Jean Combazard, leader depuis plusieurs années, Cécile Durand ou encore Matteo Fossati.
par Patricia-M Colmant.