Des cœurs sous surveillance

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L’équipe véto procède cette année à une étude très poussée sur la réaction des cœurs des chiens de traineau à l’effort en altitude durant La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc.

Fanta est un peu crispée mais docile. Elle prend un air de circonstance, classique chez un chien lorsqu’un véto l’ausculte. Trois petites électrodes sont posées sur un bout de peau pas facile à atteindre à travers son pelage touffu de husky sibérien. Vassiliki Gouni, qui travaille à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maison Alfort en Unité de cardiologie avec le professeur Valérie Chetboul, glisse sa sonde échographique sur le thorax du chien. Sur un écran, on voit l’organe, dont les battements résonnent dans la petite salle qui sert de clinique de fortune. Le moniteur montre la régularité du rythme cardiaque et des graphiques fluctuants s’affichent à intervalles réguliers. Il est 23h et l’équipe vétérinaire de La Grande Odyssée Savoie Mont- Blanc ausculte sont 49é chiens inscrits dans la course. Toute la journée, la jeune véto a passé en revue des alaskans husky et des husky sibériens dans le cadre d’un protocole mis au point entre l’unité cardio et l’unité de médecine de l’élevage et du sport sous la houlette de Dominique Grandjean, directeur de la course. L’objectif : faire de la prévention. « Nous voulons explorer les réactions cardiaques à l’effort en altitude afin de trouver un moyen de dépister d’éventuels problèmes et mettre au point un marqueur biologique  pour détecter  l’arrivée de problèmes inflammatoires » explique le professeur de Maison Alfort. Cette démarche est une première mondiale dans le monde du mushing et faire des analyses sur un si grand nombre de chiens engagés dans une épreuve sportive est unique. Une façon de confirmer que La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc est de plus en plus une course de référence à tous les points de vue.

Avec une grande patience et une grande douceur, la jeune femme vétérinaire a donc engrangé hier, toute une série de paramètres inspirés de ceux qui sont déjà utilisés chez les sportifs de haut niveau. « Le cœur des chiens est très différents de celui des hommes mais les recherches peuvent s’inspirer  de ce qui est fait chez les athlètes » explique Vassiliki Gouni qui précise que « certains paramètres ont d’ores et déjà été validés chez les chiens ordinaires, lors d’études cliniques ».  Cette première recherche se concentre sur trois attelages, sans exclure les autres participants qui souhaiteraient que leurs chiens soient testés dans ces mêmes conditions. En outre, l’équipe vétérinaire de la course, dirigée par la jeune Delphine Clero se propose de faire passer cette échographie cardiaque à tous les chiens qui auront été sortis en cours d’étape ( droppés selon l’expression des mushers) pour des raisons d’essoufflement.

A l’arrivée à Valcenis Lanslebourg, une nouvelle auscultation sera effectuée sur chaque chien afin de recueillir les nouveaux paramètres, post-effort. Il faudra de longues heures de travail, à l’équipe cardio de Maison Alfort, pour analyser et tirer les premières conclusions de cette recherche très novatrice.

Patricia-M. Colmant